Reconnaître et traiter la maladie du pommier : Tavelure, Oïdium et Moniliose
Nous avons tous cette envie, en plantant un pommier dans notre jardin ou notre verger, d’avoir de belles pommes bien rondes et saines à déguster. Toutefois, pour y parvenir, il est indispensable de savoir entretenir et protéger nos arbres face aux maladies et aux ravageurs.
Les maladies les plus fréquemment rencontrées sur le pommier sont la tavelure, l’oïdium et la moniliose. En effet, ces maladies cryptogamiques apparaissent généralement lorsque les conditions de culture ne sont pas optimales : humidité stagnante, sol excessivement enherbé, plaies de taille importantes ou manque d’aération de la ramure.
Afin de vous accompagner dans l’entretien de vos arbres fruitiers, découvrons ensemble ces trois maladies ainsi que les méthodes naturelles pour les identifier et les combattre.
La tavelure : une maladie du pommier très répandue
La tavelure (Venturia inaequalis) est un grand classique du verger. Par ailleurs, elle s’installe principalement lorsque les conditions climatiques sont pluvieuses et douces, car l’humidité favorise le développement et la germination des spores du champignon. Pour vos arrosages et la gestion de l’eau, pensez aussi à lire quand faut-il arroser ses arbres fruitiers formés et palissés ?
Quels sont les symptômes ?
Sur les feuilles : Apparition de taches rondes et décolorées sur la face supérieure, qui virent rapidement au brun sombre.
Sur les fruits : Des taches brunes de même nature se développent, entraînant par conséquent un arrêt de la croissance de l’épiderme à cet endroit précis. Cela provoque des crevasses, bien que cela n’altère généralement pas la qualité gustative du fruit.
Comment traiter la tavelure ?
Une infime attaque n’est pas préjudiciable pour la santé globale de l’arbre. Néanmoins, pour garder un verger sain :
En prévention : Appliquez un traitement à base de bouillie bordelaise à l’automne, dès la chute des feuilles, puis au printemps avant le débourrement (développement des bourgeons).
En cas d’attaque : De surcroît, veillez à tailler soigneusement les parties atteintes à l’aide d’un sécateur propre et désinfecté (retrouvez nos conseils sur notre guide de taille des fruitiers) et éliminez-les en les brûlant. Ensuite, pulvérisez une décoction de prêle, reconnue pour ses propriétés fortifiantes et antifongiques.
L’oïdium : la maladie du pommier complice de la tavelure
Autre maladie majeure, l’oïdium passe l’hiver à l’état latent dans les écailles des bourgeons. C’est pourquoi les jeunes feuilles qui sortent dès le début du printemps peuvent être touchées instantanément.
Reconnaître l’oïdium
Les jeunes feuilles atteintes se couvrent d’un duvet blanchâtre caractéristique et se recroquevillent sur elles-mêmes. En outre, la maladie se propage progressivement aux autres feuilles et aux jeunes rameaux. Tout comme la tavelure, elle raffole d’une forte humidité atmosphérique combinée à des températures douces.
Comment la traiter ?
En pratique, la lutte contre l’oïdium se gère généralement de pair avec la prophylaxie et les traitements appliqués contre la tavelure. Pour aller plus loin dans la protection de vos arbres, n’hésitez pas à consulter notre sélection de produits de soin et traitements naturels pour le verger.
La moniliose : le meilleur remède reste un terrain bien drainé
La moniliose (Monilinia) est une pourriture redoutable qui attaque d’abord les boutons floraux, puis les branches, avant d’atteindre les fruits.
Les symptômes sur les fruits
Le fruit se couvre de taches circulaires brunes qui s’étendent rapidement, entraînant sa pourriture complète. Finalement, la pomme finit soit par tomber prématurément, soit par se momifier en restant accrochée aux branches, constituant ainsi un foyer de contamination pour l’année suivante.
Comment l’éviter et l’endiguer ?
La prévention de la moniliose repose avant tout sur des choix culturaux rigoureux :
Adapter le substrat : Avant toute plantation, veillez à installer votre pommier dans des conditions adaptées. Si vous cherchez des variétés robustes adaptées à votre sol, découvrez notre catalogue de pommiers greffés. Le pommier apprécie particulièrement les sols à dominance limoneuse, bien structurés et légèrement drainés pour éviter l’asphyxie et l’humidité stagnante.
Aérer la fructification : Pensez à éclaircir vos arbres au moment de la nouaison et de la fructification. Un arbre bien taillé et aéré, où les fruits ne se touchent pas, limite considérablement la propagation des spores.
En cas d’attaque : Supprimez immédiatement et systématiquement tous les fruits touchés, qu’ils soient encore dans l’arbre ou tombés au sol.
En conclusion, cultiver de belles variétés de pommiers demande de l’observation et des gestes préventifs réguliers. En prenant soin du sol, en choisissant des porte-greffes de qualité et en favorisant la biodiversité de votre verger, vous aiderez vos arbres à développer leurs propres résistances naturelles.
Foire aux questions
Quelles sont les trois principales maladies cryptogamiques qui touchent le pommier ?
Les maladies les plus fréquentes sont la tavelure, l’oïdium et la moniliose. Elles se développent généralement lorsque les conditions de culture ne sont pas optimales (humidité stagnante, manque d’aération, sol mal drainé ou plaies de taille).
Comment reconnaître la tavelure et comment la traiter ?
Symptômes : Tâches rondes et décolorées sur les feuilles qui brunissent, et taches brunes sur les fruits provoquant des crevasses.
Traitements : En prévention, appliquer de la bouillie bordelaise à l’automne (chute des feuilles) et au printemps avant le débourrement. En cas d’attaque, supprimer et brûler les parties atteintes et pulvériser une décoction de prêle (antifongique naturel).
Qu'est-ce que l'oïdium et comment se manifeste-t-il sur les jeunes feuilles ?
L’oïdium est un champignon qui passe l’hiver dans les bourgeons. Il se manifeste au printemps par un duvet blanchâtre caractéristique qui couvre les jeunes feuilles et les fait se recroqueviller sur elles-mêmes. Sa gestion préventive se fait en même temps que celle de la tavelure.
Quelles bonnes pratiques adopter pour prévenir l'apparition de ces maladies ?
Pour garder un verger sain, il est conseillé de :
Veiller à une bonne aération de la ramure lors de la taille.
Éviter l’humidité stagnante et assurer un bon drainage du sol.
Ramasser et éliminer les feuilles et fruits malades tombés au sol pour stopper la propagation des spores.
